Bordeaux : Lescure plaide pour des cortèges hors du centre-ville

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Le ministre de l’Économie Roland Lescure s’est rendu vendredi 30 octobre à Bordeaux, auprès des commerçants « sinistrés lors des récentes violences urbaines ». Avec le maire, Thomas Cazenave, il a appelé les organisateurs de manifestations à la « responsabilité » et demandé que les cortèges quittent les centres-villes.

La visite a débuté vers 17 h 15. Le ministre est sorti du Palais de la Bourse, entouré du maire, d’acteurs économiques et de représentants de la préfecture. Le directeur de la chambre de commerce et d’industrie Bordeaux Gironde (CCI), Patrick Seguin, conduisait la déambulation dans l’hypercentre commerçant. Elle est passée par la place de la Bourse et la rue Sainte-Catherine, où des vitrines sont couvertes de panneaux de bois aggloméré.

Environ 90 boutiques touchées

Bordeaux compterait environ 90 boutiques vandalisées ou contraintes de fermer. La CCI évoque une baisse de chiffre d’affaires « entre 35 % et 60 % » par rapport à l’an dernier. Les dégâts restent à évaluer.

Plus tôt, Roland Lescure avait participé à un entretien sur le plateau de TV7 puis rencontré, à la CCI, des représentants du Medef, d’une association, des élus et plusieurs commerçants. La presse n’était pas conviée à cette réunion. Patrick Seguin en rapporte le fil rouge : « On a peur, on en a marre. »

Le ministre s’est aussi arrêté dans la boutique Orange de la place Saint-Projet, vandalisée le 17 octobre. Les responsables y ont raconté l’évacuation du personnel, l’intrusion et les dégradations. Des salariés ont eu recours à une cellule d’aide psychologique. « On a évité le pire », ont-ils dit. La boutique sera fermée samedi 31 octobre, comme de nombreux commerces.

« Nous sommes venus pour témoigner de notre solidarité avec une ville qui a été extrêmement affectée », a déclaré Roland Lescure. Il n’a pas fait de nouvelle annonce. Il a rappelé les mesures de soutien diffusées le 20 octobre : prêt à taux zéro, fonds de soutien, report de charges, aide au chômage partiel.

Le parcours du 31 octobre en question

Sur les manifestations, le ministre a dit : « Il faut qu’elles puissent se déporter des centres-villes. » Il a insisté sur la responsabilité des organisateurs, surtout quand des manifestations non autorisées se tiennent malgré tout.

Pour la manifestation de samedi 31 octobre, la préfecture a autorisé jeudi le parcours déposé par l’intersyndicale. Elle a toutefois fixé par arrêté un périmètre d’interdiction de manifester dans l’hypercentre commercial, à l’intérieur du tracé. Thomas Cazenave critique cette solution. Il se dit attaché au droit de manifester, mais estime que « les casseurs, pilleurs et black blocs se protègent et se cachent au sein des manifestants ». Il souhaite que le centre-ville soit exclu des parcours et cite d’autres tracés : « les quais, les boulevards, Mériadeck… » Roland Lescure s’est engagé à relayer cette demande auprès du ministre de l’Intérieur dès le soir même, avant de rejoindre l’hôtel de ville.

Le cortège contre la vie chère, pour l’éducation, les services publics et le droit de manifester doit partir de la place de la Bourse à 14 heures. La préfecture parle d’un « niveau de risque élevé ».

Source : Sud Ouest

Commerce et économie à Bordeaux