Bordeaux : trois apprentis condamnés pour les vols du 17 octobre

| Faits divers et sécurité

Trois apprentis ont été condamnés vendredi 30 octobre à Bordeaux à des peines de six à douze mois de prison avec sursis probatoire. Le tribunal correctionnel les a jugés pour des vols commis le 17 octobre, après les manifestations de ce samedi-là, aux Galeries Lafayette et dans le magasin Snipes de la rue Sainte-Catherine.

Les prévenus ont 18 et 19 ans. Ils suivent une formation professionnelle à Blanquefort et n’ont aucun antécédent judiciaire. Le procureur Bertrand Rouède les décrit comme « des jeunes a priori sans problème », qui « se sont comportés comme des bandits de grand chemin ».

Une liste d’objets volés

La procédure rattache à leurs noms une longue liste : maillots de football, vêtements dont certains portaient encore l’étiquette, bijoux, parfums, sacs de marques. La plupart venaient des Galeries Lafayette. Le préjudice global se chiffre en milliers d’euros.

Ils parlaient de ce butin sur le groupe WhatsApp de leur établissement, « sur un ton de vantardise », selon la présidente du tribunal, Eve-Line Bernardi. L’un d’eux avait écrit : « Merci ! Une veste à 400 euros ! » Leurs professeurs avaient accès à ces échanges.

Les enquêteurs les ont donc identifiés sans peine. Les relevés montrent aussi que leurs téléphones avaient borné près des Galeries Lafayette et du magasin Snipes. Une partie des objets était déjà proposée à la revente sur Internet quand les policiers ont interpellé les trois apprentis. Ils ont ensuite été placés en détention provisoire.

Trois versions à l’audience

À la barre, l’un reconnaît avoir volé. Un autre affirme avoir seulement ramassé des tenues de sport qui traînaient dans la rue. Le troisième dit être entré dans les Galeries Lafayette alors que la porte était déjà forcée, « pour filmer ce qui s’y passait » : « Je ne suis pas un casseur. »

Pour le procureur, Internet est le nœud du problème : « Les réseaux sociaux sont un facteur de contamination dans des moments comme ce 17 octobre. » Me Bruno Dubos, qui défendait l’un des prévenus, évoque un « effet de meute qui amène à faire des choses que l’on regrette plus tard ». Il qualifie les prévenus d’« adulescents ».

Le tribunal les voit lui aussi comme des adultes encore adolescents. Il a tenu compte de leur âge et de l’absence de casier. Il n’a prononcé que des peines de prison avec sursis probatoire.

Les trois jeunes n’ont plus le droit de se rendre rue Sainte-Catherine, et leurs téléphones ont été saisis.

Source : Sud Ouest

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