Carignan : deux clubs de foot se disputent le stade

À Carignan, en Gironde, deux clubs de football se disputent le terrain municipal. Le FC Rive droite 33 affirme que la quasi-totalité de ses créneaux historiques sur le stade de Régeon a été supprimée. Le maire dit avoir proposé un partage.
Le FC Rive droite 33 est né en 2022 d'une fusion. Le SJ Artigues, le CA Carignan et le FC Coteaux bordelais ont disparu à cette occasion. Le but : être plus fort ensemble et mutualiser les moyens. Le club compte plus de 600 licenciés. « La volonté était de créer une entité forte présente sur notre territoire », résume Christophe Laffon, trésorier, arrivé après la fusion.
Le nouveau venu, le FC Carignan
Le FC Carignan a entamé sa toute première année à la rentrée sportive. Pour le trésorier du club historique, la situation est inconfortable. En juillet, il a rencontré le maire de Carignan. Il dit n'avoir reçu aucune information sur le planning attribué au stade municipal. Quelques jours plus tard, il apprend que « la quasi-totalité de nos créneaux historiques sur le terrain de Régeon seront supprimés. Et cela sans concertation. Nous avons été mis devant le fait accompli. »
Le FC Rive droite compte une cinquantaine d'équipes, dont 24 en championnat. Il avait aussi des projets pour sa section féminine. « On a été utilisateur exclusif du stade, on avait tous les créneaux », rappelle Christophe Laffon.
Toujours selon le trésorier, le maire a pris un arrêté pour interdire au club de jouer. « Ce qui est totalement illégal, assure-t-il. On pourrait aller au tribunal administratif pour obtenir gain de cause. » Ce n'est pas la volonté du club pour l'instant. Il préfère retrouver ses droits par la négociation. Il parle de situation « injuste, anormale, ignoble ».
La réponse du maire
Christophe Colinet, maire de Carignan, donne une version radicalement différente. « Je n'ai aucune raison de m'opposer à la création d'un nouveau club en raison de la liberté d'association », dit-il. Il rappelle qu'il s'agit d'un terrain communal avant tout.
Selon lui, le FC Rive droite n'est pas privé d'accès. Il peut utiliser le stade dans le cadre d'une convention, avec un partage des créneaux de manière proportionnelle. Le maire précise ce que cela représente : un tiers des créneaux, « ce qui me paraît très équitable ».
Il affirme aussi que la proposition date de son élection, en mai, et non de juillet. Un contentieux devant le tribunal ? « Je ne vois pas à quel titre ils pourraient le faire », répond-il.
Le dossier a aussi une dimension politique. Le sport n'est pas une compétence de la communauté de communes dans ce secteur. La politique en la matière n'est donc pas harmonisée à l'échelle de ces clubs.
Source : Sud Ouest