Fibre Excellence : les salariés découvrent un projet de reprise

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À l'usine de pâte à papier Fibre Excellence de Saint-Gaudens, ce vendredi 30 octobre, les syndicats ont présenté aux salariés le projet de reprise de l'industriel portugais Ghost. L'entreprise est à quelques jours d'une liquidation judiciaire jugée probable.

Le groupe n'a pourtant pas déposé son offre dans les délais fixés par le tribunal de commerce de Toulouse. Les représentants du personnel ne s'en inquiètent pas. Ils restent confiants, même si rien n'assure que l'industriel ira jusqu'au bout.

Un projet à 200 millions d'euros

Ghost prévoit de fabriquer 100 000 tonnes de pâte à papier par an, destinées à ses usines du Portugal. Il vise aussi 150 000 tonnes de papier toilette et de mouchoirs. Le projet est évalué à 200 millions d'euros. Il demande du temps et des garanties.

« On n'a aucune garantie bien sûr mais aujourd'hui c'est le seul projet sur la table alors on se raccroche à ça », a dit Sébastien Oustric, ancien délégué CGT du personnel, devant les 270 salariés. Ils sont ballottés depuis des mois entre espoirs et déceptions.

Il juge l'usine en excellent état, avec des machines toutes neuves, et affirme que Ghost s'est dit vraiment intéressé. Il faut cependant que les banques suivent et que le projet se monte. « Mais oui on y croit », conclut-il.

Un contrat de sécurisation professionnelle demandé

La présidente de la région, Carole Delga, se tenait aux côtés des salariés. Elle demande, comme les délégués syndicaux et les élus locaux, la mise en place d'un contrat de sécurisation professionnelle (CSP). Selon elle, les salariés doivent garder une rémunération et suivre des formations en vue d'une reprise industrielle.

Le tribunal de commerce de Toulouse doit prononcer la liquidation judiciaire de Fibre Excellence le 3 novembre. Un CSP devrait alors être débloqué. Les salariés seraient au chômage, mais payés à 100 % en attendant la reprise de l'activité. Leurs collègues de Tarascon n'ont pas eu cette chance.

Nicolas Bruel, délégué syndical CGT, dit avoir « joué franc jeu » en présentant le projet en assemblée générale : « On leur a bien expliqué que ça ne va pas être simple. »

Si tout se passe bien, l'usine pourrait redémarrer d'ici un an, puis monter en puissance dans le cadre du projet Ghost. Le nombre d'emplois conservés dépendra des négociations avec l'industriel. Un autre projet, indépendant, celui de Soprema, doit aussi s'installer sur le site : une usine de panneaux isolants fabriqués à partir de déchets de bois.

Source : France 3 Régions

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