L’Hermione a six mois pour réunir 2 millions d’euros

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L’association Hermione - La Fayette, propriétaire de la réplique de la frégate, a six mois pour rassembler 2 millions d’euros. Faute de quoi elle risque la liquidation judiciaire. Elle est en redressement judiciaire depuis septembre 2025.

« Le bateau est réparable », répètent ses membres. Les difficultés viennent de la découverte, en 2021, de champignons xylophages qui rongeaient le navire de l’intérieur.

Le 1er octobre, le tribunal judiciaire de La Rochelle a accordé pour la troisième fois une période d’observation de six mois. Elle doit écarter définitivement la liquidation et permettre d’adopter un plan de redressement, à condition de réunir d’abord ces 2 millions d’euros. « C’est un petit investissement. Ce n’est pas normal que nous n’ayons pas encore trouvé ces fonds pour sauver ce symbole », s’indigne Michel Durrieu, vice-président de l’association. Dans son jugement, le tribunal a aussi rejeté les différentes offres de reprise : l’association garde la gestion du navire.

Un plan de restauration sur dix ans

Le coût total du chantier est estimé à 10 millions d’euros, dont plus de la moitié est déjà collectée. Vendredi 16 octobre, lors d’une conférence de presse à la Cité du vin, à Bordeaux, l’association a présenté un plan sur dix ans.

Les 2 millions d’euros récoltés d’ici le 14 avril 2027, date de la prochaine audience, permettraient d’assurer la maintenance courante du navire, pour 700 000 euros, et la reprise des travaux dès 2027, pour 1,5 million d’euros. L’objectif est d’achever les travaux de la coque pour que l’Hermione puisse de nouveau flotter d’ici 2029. La même année, l’association espère sortir la frégate du port de Bayonne par la mer et relancer son exploitation. Jusqu’en 2036, elle prévoit des navigations en mer sur 20 % du temps.

Trois appels aux dons

Une campagne baptisée « Mayday : sans vous, l’Hermione disparaîtra » repose sur trois appels aux dons. Le premier s’adresse aux particuliers. « Depuis 2023, on a réuni près d’un million d’euros du grand public », indique Émilie Beau, directrice générale de l’association.

Le deuxième se joue outre-Atlantique, où l’association compte sur un soutien américain. La consule des États-Unis, Jessica Kuhn Marcant, a réaffirmé l’engagement de l’ambassadeur. « Nous célébrons cette année les 250 ans de l’indépendance des États-Unis pour laquelle le soutien de la France a été décisif », a-t-elle rappelé, en citant l’Hermione qui a transporté La Fayette de la Garonne vers les côtes américaines en 1780. Un marin français résidant aux États-Unis a déjà versé 100 000 euros.

Le troisième appel passe par une fiducie philanthropique. Elle offre « un cadre sécurisé pour tous les mécènes qui veulent s’engager » et doit « sanctuariser les fonds de financement », afin que les dons ne servent pas à payer le passif de l’association. Si la liquidation judiciaire était prononcée, les fonds seraient rendus aux donateurs par ce biais.

Source : L’Hebdo de Charente-Maritime