La Rochelle : un papier peint de Réveillon à l'îlot de la Caille

À La Rochelle, la réhabilitation de l'îlot de la Caille a fait une découverte rare : un papier peint du XVIIIe siècle. Le chantier, qui coûte 10,2 millions d'euros, passe maintenant à l'aménagement des nouveaux espaces.
Un décor signé Réveillon
Pour Sandu Hangan, architecte des Bâtiments de France en Charente-Maritime, « C'est une rareté ! ». Le papier peint se trouve au premier étage. Il n'a survécu que sur quelques pans de murs.
Il est l'œuvre de Jean-Baptiste Réveillon. Cet homme était connu pour avoir possédé la Manufacture royale de papiers peints du faubourg Saint-Antoine, à Paris.
Le retrouver a exigé de mettre à nu l'intérieur du plus vieux bâtiment du lot, sous les couches ajoutées au fil des ans. Des éléments de son escalier en pierre datent du XVIe siècle. Le papier est craquelé, de teinte claire, avec des motifs surtout floraux.
Le papier sera gardé, et une copie fidèle ornera certains espaces qui deviendront des logements.
Sept immeubles, un programme mixte
L'ensemble compte sept immeubles, entre l'hôtel de ville et la place de la Caille. Les services municipaux en occupaient une partie jusqu'à l'incendie de l'hôtel de ville, en juin 2013.
Le projet prévoit neuf logements dits « abordables », c'est-à-dire vendus sous les prix du marché. S'y ajoutent trois plateaux de bureaux et deux à quatre commerces, pour 450 mètres carrés de surface marchande. Les planchers couvrent 1 720 mètres carrés.
Les surprises du curage
Le curage consiste à retirer les cloisons non porteuses et les éléments non structurels. Il a été mené de la cave au grenier. Les équipes n'y ont retrouvé ni potion ni remède anciens.
Les équipes ont trouvé de belles cheminées. Elles ont aussi relevé une fragilité inattendue dans le bâti. Elle bloque pour l'instant les travaux dans l'ancien local commercial de Cuir de France.
Sur la palissade qui entoure le chantier, le studio Seelab et les artistes Carole Giacobi et Candice Herbreteau évoquent au pinceau les occupants successifs des lieux, dont le maître apothicaire Hyacinthe Magre, qui a acheté et transformé en 1752 l'un des bâtiments de la rue des Gentilshommes. L'architecte du projet y a écrit vouloir « réorganiser et moderniser l'existant sans en effacer l'épaisseur historique ».
Livraison attendue début 2028
Franck Coupeau préside Citin, société d'économie mixte patrimoniale portée par les collectivités. La Ville de La Rochelle y détient 51 % des parts, l'Agglo 10 %. Pour lui, c'est la première opération de réhabilitation urbaine de la structure, et elle entre dans une nouvelle phase.
La réception des travaux est visée pour début 2028. La commercialisation des espaces doit suivre bientôt.
Notre regard
Ce chantier montre la tension entre un décor fragile et un programme de logements. Reproduire le papier peint à l'identique est une réponse, mais les murs d'origine ne couvrent que quelques pans. Reste un point ouvert : la fragilité décelée dans l'ancien local de Cuir de France bloque pour l'instant les travaux, et son traitement et son effet sur la réception visée début 2028 ne sont pas précisés.
Source : SudOuest.fr