Libourne impose casque et réflecteurs aux trottinettes électriques

| Vie locale |

La loi n'impose pas encore le casque à trottinette électrique. À Libourne, le maire Philippe Buisson n'a pas voulu attendre : il a signé jeudi 5 novembre un arrêté qui le rend obligatoire, avec des réflecteurs, pour tous les utilisateurs sur la voie publique.

Un vide que la ville comble seule

Un arrêté municipal est un texte pris par le maire sur le territoire de sa commune. Philippe Buisson l'utilise ici faute de règle nationale. Il rappelle que la ministre Marie-Pierre Vedrenne a proposé d'imposer le casque, mais dit ne pas savoir ce que fait l'Assemblée.

Selon lui, le casque est pourtant souvent imposé par ricochet : l'assurance l'exige la plupart du temps, ce que certains semblent ignorer. Les gants, eux, ne sont pas obligatoires, à cause d'une problématique de pouvoir d'achat. Il suggère simplement aux conducteurs de s'en équiper.

Tolérance d'abord, amendes en décembre

Le maire a annoncé la décision en plein conseil municipal, au détour d'une délibération sur la procédure de rappel à l'ordre : il venait de le signer. Il a demandé à la police municipale de faire respecter le texte sans attendre. Il prévoit une certaine tolérance au départ, puis des sanctions dès décembre, plus fortes en cas de récidive.

Il évoque une amende de 135 euros pour les contrevenants.

Une série d'accidents derrière l'arrêté

Le maire dit que la dangerosité des trottinettes a été soulevée dans chaque réunion de quartier. La dernière semaine a pesé lourd : plus de cinq jeunes Libournais ont été blessés dans des accidents avec des voitures, chaque fois en fin d'après-midi ou en début de soirée. Il cite des traumatismes crâniens et des fractures.

La plupart du temps, le pilote emportait un passager. Hors de sa ville, Philippe Buisson mentionne l'accident d'Hazebrouck, dans le Nord, le mercredi 4 novembre : un adolescent de 13 ans y a tué une personne âgée.

Trottoir et passager : deux règles déjà en vigueur

L'élu vise aussi les trottinettes électriques sur le trottoir. Aucun engin motorisé n'y a le droit de circuler, sauf pour les facteurs. Les enfants en trottinette classique peuvent et doivent l'utiliser. Rouler à deux sur une trottinette est une infraction passible, là aussi, de 135 euros.

« Ce n'est pas une volonté d'embêter le monde », dit-il, en parlant d'un ras-le-bol des habitants face aux usagers qui ne respectent pas le code de la route. Les accidents de la route restent peu nombreux à Libourne, selon lui. Mais l'accidentologie des trottinettes est, dit-il, « insupportable ».

Source : SudOuest.fr

Édité avec l'appui de