Incendie de la mairie de Limoges : le suspect creusois plaide l'alibi

| Faits divers et sécurité |

Deux hommes sont en détention provisoire après l'incendie de l'hôtel de ville de Limoges. Mardi 3 novembre, ils ont demandé en appel l'annulation de leur mise en examen, et l'audience a surtout éclairé la situation du plus âgé, interpellé en Creuse.

Une décision attendue jeudi

La procureure a demandé le maintien en détention des deux hommes. La décision doit être connue jeudi 5 novembre.

Les deux hommes ont été entendus par le juge des libertés et de la détention. La levée de leur détention est aussi demandée à la cour d'appel de Limoges.

Ce que l'audience n'explique pas

Plusieurs points restent à éclaircir : l'appel passé à l'autre suspect peu avant le feu. S'y ajoutent la suppression de dizaines de contacts du téléphone du Creusois et le fait que son portable ait borné place Jourdan, à Limoges. Le quand et le pourquoi de cet effacement restent à expliquer.

Reste aussi la question d'un risque de récidive ou de fuite avant le procès.

L'alibi de la vidéosurveillance

La défense a projeté à l'audience des images du McDonald's des Casseaux, à Limoges. On y voit le sexagénaire au moment du départ du feu.

Selon Maître Raphaël Kempf, son client avait quitté la manifestation, gêné par les gaz lacrymogènes, et passé commande dans ce restaurant. L'avocat affirme que son client avait donné son alibi et que la police ne l'a pas vérifié durant la garde à vue. Il dénonce une « logique de vengeance » des élus de la mairie et du parquet.

Un artiste-peintre de La Villatte, selon ses avocats

Il vit à La Villatte, un hameau de Gentioux-Pigerolles. Il admet avoir pris part à la manifestation, mais affirme qu'il n'était pas devant l'hôtel de ville lorsque le feu a pris.

Ses avocats le présentent comme une personne âgée aux nombreux problèmes de santé, qui peint et écrit des poèmes. Maître Emma Ribeiro parle d'une vie « des plus paisibles ». Selon la défense, il n'a eu affaire à la justice que pour un ancien délit routier.

Il connaît le principal suspect et sa famille, comme beaucoup de monde autour de Gentioux, expliquent-ils. Il aurait aussi fait le trajet vers la manifestation en covoiturage avec lui et d'autres habitants du plateau de Millevaches.

Le meneur et l'homme au rôle flou

Le parquet présente le plus jeune, un Haut-Viennois de 34 ans, comme le meneur des émeutiers. Les faits qui lui sont reprochés comprennent la tentative d'homicide sur un policier et la destruction de la mairie.

Le rôle de l'homme de 66 ans, arrêté à Gentioux-Pigerolles, paraît plus flou. Sa mise en examen porte sur l'incendie de l'hôtel de ville et sur une association de malfaiteurs.

Notre regard

La vidéo place le sexagénaire ailleurs au moment du départ du feu, alors que l'appel et le téléphone posent des questions sur ses mouvements. Rien dans l'audience ne tranche entre les deux.

La décision de jeudi dira si les juges estiment que l'alibi pèse assez pour une remise en liberté. Leur lecture de l'attitude du suspect, entre les appels et les contacts effacés, sera un indice de leur vue du dossier.

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