Un cylindre trouvé dans un mur inspire un roman sur la poche de Royan

| Patrimoine et histoire

En 2000, Dominique Julien-Labruyère effectue des travaux dans sa maison secondaire de La Tremblade, en Charente-Maritime. Dans un mur en brique, il tombe sur un petit cylindre en cuivre. À l'intérieur, des documents couverts de suites de chiffres et de noms. Ce directeur financier à la retraite, auteur de plusieurs livres, en a fait la trame d'un roman : « Les oubliés ».

Il pense que l'objet est resté caché près de quatre-vingts ans et qu'il date de la Seconde Guerre mondiale. Il l'a montré à la Direction générale de la sécurité intérieure. Elle n'a pas su lui dire ce que c'était.

Il a longtemps hésité sur l'usage de cette découverte. Il présente aujourd'hui le livre comme une « enquête historique au cœur de la poche de Royan ».

Les oubliés de l'Histoire

Le titre renvoie aux habitants de la région. La majeure partie de la France était libérée dès la fin de l'été 1944. La poche de Royan, elle, est restée sous occupation allemande huit mois de plus, de septembre 1944 à sa libération tardive, en avril 1945.

Le récit suit Laurence Favreau, propriétaire d'une maison du XIXe siècle à La Tremblade. En jardinant, elle déterre un tube en cuivre caché dans un vieux mur. Des feuillets jaunis y sont couverts de chiffres et de noms. Code secret, comptabilité clandestine, message de détresse ? Elle mène l'enquête. Sa maison avait été réquisitionnée par un officier allemand pendant la guerre. Aidée d'un vieil homme qui a vécu cette période, elle s'enfonce dans les secrets de la poche de Royan et des forteresses allemandes de la côte atlantique.

« J'ai voulu faire revivre cette découverte en inventant ce qui avait pu conduire ce cylindre à se retrouver dans ce mur », explique l'auteur.

Pour écrire, il s'est documenté sur l'époque. Il s'est notamment penché sur la résinerie de La Tremblade, qui a joué un rôle économique stratégique durant la guerre. Selon lui, l'usine transformait la gemme issue de la forêt de la Coubre et des environs. Elle fournissait de l'essence de térébenthine et de la colophane, des dérivés convoités et contrôlés par l'occupant allemand pour son effort de guerre. La résine du pin maritime était vitale pour l'industrie chimique, les vernis, les lubrifiants et divers matériels militaires allemands.

Cet épisode a sa place dans le livre. Le romancier prévient que ses personnages ne sont pas des héros : dans la région, dit-il, la résistance était plutôt passive et il n'y a pas eu de grands résistants. Il a aussi glissé une petite dose d'amourette dans l'intrigue.

« Les oubliés » est en vente à la librairie du Rivage, à Royan, au prix de 15 euros. Il est aussi disponible sur les plateformes de vente en ligne.

Source : Sud Ouest

Histoire locale de Royan