Grandes marées : les 102 pêcheurs à pied pros du golfe du Morbihan

Depuis lundi 26 octobre, de nouvelles grandes marées attirent en Bretagne les amateurs de fruits de mer. Pour les pêcheurs à pied professionnels, cette période compte aussi. Dans le golfe du Morbihan, ils sont une petite centaine à vivre de cette activité toute l'année, quel que soit le temps.
Frédéric Lebel, 55 ans, en fait partie depuis 25 ans. Il pêche la palourde japonaise sur le gisement de Tascon, au large de Saint-Armel. « On fait ce métier parce qu'on aime la nature », affirme-t-il. Il estime que les pêcheurs pourraient être des « lanceurs d'alerte » sur l'état de la ressource, qu'il s'agisse des hippocampes, des raies ou des rougets.
Une licence difficile à obtenir
Ils sont 102 professionnels dans le Morbihan, dont 14 femmes, à pouvoir pêcher la palourde et la coque dans le golfe. Il leur faut une licence, dont le nombre est limité. Frédéric Lebel raconte que son fils l'attend depuis cinq ans.
Chacun a sa technique. Lui travaille en plongée, avec combinaison, masque et tuba, mais les deux pieds au contact du sol. C'est la condition pour que son activité reste considérée comme de la pêche à pied.
Un seul garde-juré
Le métier est très encadré : dates et horaires de pêche, taille des coquillages, quotas. Les services de l'État, les affaires maritimes en particulier, effectuent des contrôles. Le comité départemental des pêches du Morbihan a aussi recruté un garde-juré, agent assermenté.
Il s'agit de Gwénaël Jean. S'il constate une infraction, il peut dresser un procès-verbal, transmis au parquet, et c'est le procureur de la République qui juge l'affaire. « Dans ce domaine, c'est un délit », explique-t-il. Les contrevenants risquent de fortes amendes, voire une suspension temporaire de leur permis de pêche, selon la gravité des faits.
Il reconnaît ne pas pouvoir être partout. Il est le seul garde-juré du Morbihan. Pour la pêche à pied, sa zone s'étend de Guidel à Arzal. Il s'occupe aussi de la pêche embarquée et, l'hiver, surveille la pêche à la coquille Saint-Jacques entre Quiberon et Belle-Île.
Source : ICI Armorique