Alertes à la bombe : le fondateur de l'Etat masculin dément

Plusieurs aéroports européens ont reçu des messages signés au nom d'un mouvement qui se dit ne plus exister. Son fondateur, Vladislav Pozdniakov, a démenti vendredi 6 novembre toute implication dans les fausses alertes à la bombe qui se multiplient en Europe.
Des messages signés au nom de l'Etat masculin
Certaines organisations visées, comme les aéroports de Birmingham, de Rome et de Sofia, avaient reçu des messages portant la signature de prétendus combattants de l'Etat masculin. Des journalistes ont posé la question au fondateur du mouvement. Sa réponse est venue sur Telegram : l'Etat masculin « n'existe tout simplement pas depuis 2021 », l'année de son interdiction par les autorités russes.
Selon lui, ceux qui organisent ces provocations sur le territoire de l'Union européenne agissent dans leur propre intérêt. Ils utiliseraient simplement un drapeau qui n'est pas celui du mouvement.
Un mouvement banni depuis 2021
Vladislav Pozdniakov, blogueur et coach sportif, a lancé l'Etat masculin en 2016 sur VK, le réseau social russe. Le groupe a ensuite viré au semi-politique, autour d'un mélange de misogynie et de nationalisme.
Le mouvement n'a jamais pris une grande ampleur. Ses campagnes de harcèlement en ligne l'avaient fait connaître, avant que les autorités russes ne le déclarent extrémiste et ne l'interdisent en 2021. Selon des médias, il a survécu en ligne et soutient désormais l'offensive russe en Ukraine, lancée en 2022.
Des vols retardés, des chasseurs en escorte
Depuis plusieurs jours, ces fausses alertes perturbent le trafic aérien européen. Elles causent des retards et obligent parfois des chasseurs à décoller pour accompagner des appareils civils. Une vingtaine de vols européens ont été visés, et un avion a dû atterrir en urgence en France.
Elles surviennent alors que les attaques dites hybrides se multiplient en Europe. Les autorités ou les chercheurs en lient certaines à la Russie et, parfois, à l'Iran.
Les médias visés à leur tour
Vendredi, de nouveaux faits ont été signalés. En Irlande, plusieurs médias ont dû faire évacuer leurs locaux après des menaces que le gouvernement irlandais a jugées très graves. Dublin relie ces menaces aux perturbations de l'aviation et estime qu'il s'agit probablement d'une campagne coordonnée, visant à provoquer des perturbations.
La chaîne britannique Sky News dit avoir reçu une menace visant sa sécurité. En France, TF1 a annoncé avoir été victime d'une fausse alerte à la bombe.
Source : franceinfo