Bordeaux Métropole renonce au bus express vers la gare de Bègles

Pas de bus express vers la gare de Bègles. Bordeaux Métropole a écarté le prolongement de la future ligne I, et l'ancien maire écologiste de la commune, Clément Rossignol Puech, s'en étonne publiquement. Christophe Duprat, premier vice-président chargé des transports, lui répond que la métropole doit rationaliser ses dépenses.
La ligne I est le gros morceau du dispositif. Elle doit desservir, à l'horizon 2028, l'hôpital Pellegrin, les campus universitaires et les quartiers de Thouars à Talence et de Malartic à Gradignan. Depuis la mi-septembre, deux extensions s'y ajoutent : l'une vers le centre-ville de Gradignan, l'autre vers Mériadeck, à Bordeaux. Bègles n'en fait pas partie.
Une protestation écrite
Fin septembre, Clément Rossignol Puech a soulevé la question au conseil municipal de Bègles puis au conseil de Bordeaux Métropole. Il s'appuie sur la commission d'enquête publique, qui avait pris acte en juin 2025 de l'engagement de la métropole à étudier des prolongements vers Gradignan centre et la gare de Bègles. Il a aussi adressé un courrier de « vive protestation » à Thomas Cazenave, président de la métropole. L'abandon, écrit-il, induirait un « profond déséquilibre territorial ».
Il était alors vice-président chargé des stratégies de mobilités. Il affirme avoir eu « le quitus des trois derniers présidents, Alain Juppé, Alain Anziani et Christine Bost ». Selon lui, Bègles ne figurait pas dans le périmètre initial soumis à l'enquête publique pour ne pas perdre un an d'instruction. Il assure que le prolongement « allait se faire ».
Sur le fond, il admet qu'une ligne classique, la 23, épouse déjà en partie le parcours de Pellegrin et du campus. Mais l'extension aurait évité un détour par le centre de Bordeaux.
« D'autres n'ont rien »
Christophe Duprat, maire de Saint-Aubin-de-Médoc, renvoie l'argument. Bègles est selon lui « bien desservie » : la ligne C du tram, la ligne H du bus express, bientôt la ligne K, et le RER métropolitain dans une gare réaménagée en pôle multimodal, « alors que d'autres n'ont rien ». Gradignan, dont le maire Michel Labardin souhaitait un tram, n'en aura pas à moyen terme. « Un sujet vers lequel on ne peut pas avancer », reconnaît l'élu.
À Mériadeck, il juge urgent de « désaturer le tram », qui atteint sa limite de cadencement. Le tout se fait dans un contexte de « recherche d'économies ». Pour lui, le tracé béglais était « une extension d'amitié politique, pas une extension d'exploitation ».
Le nouveau maire sans étiquette de Bègles, Christian Bagate, s'était rangé à ces arguments au conseil municipal. Il évoquait « 6 à 8 millions d'euros nécessaires » et le service déjà assuré par la ligne 23 : « Cette extension ne nous paraît pas efficiente. » Clément Rossignol Puech réfute : « Il y avait de vrais arguments d'exploitation. » Il rappelle que le conseil municipal avait voté à l'unanimité l'an dernier pour cette extension.
La querelle s'inscrit dans les difficultés financières de la métropole. Un conseil métropolitain « exceptionnel », consacré à un « plan de sauvetage » financier, est prévu à la mi-novembre.
Source : Sud Ouest