Bruno Meyerfeld remporte le 88e prix Albert-Londres

Le jury du prix Albert-Londres a désigné mardi Bruno Meyerfeld lauréat de la 88e édition. Le prix est présenté comme la plus prestigieuse récompense du journalisme francophone. Le reporter est honoré pour ses articles parus dans « Le Monde » sur les peuples indigènes au Brésil.
« Il y a de l'Albert Londres dans ces récits. Avec poésie, Bruno Meyerfeld n'élude pas les violences subies par les Amérindiens, dans les territoires les plus reculés de l'Amazonie », ont écrit les membres du jury dans un communiqué.
Bruno Meyerfeld a 35 ans. Journaliste indépendant, il a travaillé dans de nombreux pays et s'est surtout penché sur les enjeux environnementaux.
Un film sur les femmes américaines et un livre sur les prisons syriennes
La catégorie reine, celle de la presse écrite, n'est pas la seule récompensée. Le 42e prix de l'audiovisuel revient à Brice Lambert, 40 ans, pour son documentaire « Sexe faible, l'Amérique en guerre contre ses femmes », diffusé sur Arte et produit par Studio fact presse. Le jury souligne : « La monstruosité de certains hommes à l'égard des femmes est effarante. Des ambiances talibanes ne sont pas réservées à l'Afghanistan. »
Le 10e prix du livre est attribué à Arthur Sarradin, 26 ans, pour « Le Nom des ombres – Sortir de l'enfer concentrationnaire syrien », publié aux éditions du Seuil. Le journaliste a été l'un des premiers à assister à l'ouverture des prisons syriennes après la chute de Bachar al-Assad, en décembre 2024. Son ouvrage décrit cet univers à partir des témoignages d'anciens détenus et de petites mains du régime. Le jury a relevé chez lui « une maturité étonnante, un sens de l'écriture et de la narration ».
Un prix créé en 1933
Albert Londres, mort en 1932, est considéré comme le père du grand reportage moderne. Né en 1884, il a donné son nom à une récompense décernée pour la première fois en 1933 à un certain Émile Condroyer, pour ses reportages dans le quotidien « Le Journal ».
Le prix du reportage audiovisuel existe depuis 1985. Celui du meilleur livre d'enquête et de reportage a été créé en 2017. Chaque lauréat reçoit 5 000 euros, et le jury est composé d'anciens lauréats du prix.
Pour concourir, il faut être francophone et avoir moins de 41 ans. La carte de presse n'est pas obligatoire et tous les genres de presse sont admis : économique, politique, sportive, culturelle. Les candidats peuvent se présenter à titre individuel, sans la recommandation d'un journal, d'un diffuseur, d'une société de production ou d'un éditeur.
Source : Sud Ouest