Prévention du suicide : la Rochelaise Émilie Sauvaget au Québec

| Santé et société

Une bande dessinée clinique pour parler de la crise suicidaire : c'est ce que la psychologue rochelaise Émilie Sauvaget a présenté au Québec ce lundi 2 novembre, avec le dispositif Les Ulysses.

Des récits de personnes passées par une crise

Depuis 2022, les cinq coordinations de prévention du suicide du Poitou-Charentes (La Rochelle, Poitiers, Saintes, Niort, Angoulême) développent Les Ulysses avec des partenaires. Le principe : des personnes qui ont traversé une crise suicidaire racontent, avec du recul, ce qui a aidé, ce qui a manqué et ce qu'un autre accompagnement aurait changé. Elles décrivent aussi leur chemin de rétablissement.

Le nom renvoie à Ulysse, qui a connu dix ans de guerre puis dix ans d'errance et n'est pas rentré comme il était parti.

Un site, des films, un livret

Le site lesulysses.fr a ouvert le 10 septembre 2025. Quinze témoignages vidéo y sont consultables, et sept autres attendent leur validation. Jérôme Laniau, journaliste scientifique et réalisateur, tourne les films. Vittorio Principe signe les scénarios.

Le livret illustré, sorti à la même date, compte dix planches. Elles rapprochent les expériences des témoins des métaphores de « L'Odyssée » d'Homère.

Le projet est né d'un appel à témoignages de février 2024, pendant la Journée nationale du suicide. À La Rochelle, 150 personnes y ont participé.

Ce qui fonde la démarche

Le livret relève de la médecine narrative, développée par Rita Charon. Cette approche part des récits des malades : ils éclairent ce que vit une personne souffrante et nourrissent la relation de soin.

Les travaux de Thomas Niederkrotenthaler et de ses collègues (2010, 2022) sur l'effet Papageno servent aussi d'appui. Selon ces recherches, des récits d'espoir et de rétablissement diffusés par les médias peuvent aider à faire reculer les idées suicidaires.

Le programme est français et reconnu par l'Organisation mondiale de la santé. Son évaluation continue. Des journalistes, notamment de l'AFP, ont été formés au choix des mots.

Une nouvelle bande dessinée clinique d'environ 50 pages est en création. Son univers symbolique s'inspire des abysses, et elle aborde la souffrance psychique, mais aussi les ressources et les rencontres.

Une carrière née en milieu carcéral

Émilie Sauvaget est psychologue et psychothérapeute. Elle coordonne, pour le nord de la Charente-Maritime, la promotion de la santé mentale et la prévention du suicide, au sein du groupe hospitalier La Rochelle-Ré-Aunis. Elle a étudié la psychologie, la philosophie, le droit et les sciences criminelles.

À 23 ans, elle s'est intéressée au suicide dans l'administration pénitentiaire. Sa thèse de psychologie clinique, écrite sur plusieurs années, l'a menée dans plusieurs établissements, dont la maison centrale de Saint-Martin-de-Ré. Elle rappelle qu'en 2011, le taux de suicide dans cette administration dépassait de 15,5 % celui des policiers et de 31 % celui de la population générale.

Elle est intervenue au Centre des congrès de Lévis, près de Québec, lors de la journée d'ouverture du Grand forum de la prévention du suicide, organisé par l'Association québécoise de prévention du suicide. En France, 8 744 personnes se sont suicidées en 2024, dont 75 % d'hommes.

Notre regard

Une question reste ouverte : que dira l'évaluation en cours, et selon quels critères ? Le texte ne donne pas encore de résultats de cette évaluation.

Source : SudOuest.fr

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