À Talmont-Saint-Hilaire, un ostréiculteur passe la main

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À Talmont-Saint-Hilaire, en Vendée, François Caillaud, ostréiculteur depuis 1999, prend sa retraite. Son exploitation de La Guittière, sur le chemin du Grand-Marais, est reprise depuis le 1er septembre 2026 par Maxime Huguet et Lauriane Deveaux, qui travaillent désormais sous le nom de Maison Huguet.

Rien ne le destinait à ce métier. François Caillaud a étudié comme tourneur soudeur à La Chaume, puis travaillé comme soudeur sur aluminium dans la zone des Plesses, à Talmont-Saint-Hilaire, avant de partir à l'armée à Toulon.

Un accident qui change tout

À son retour, il apprend la mort de son ami Yannick Chaigne, ostréiculteur, dans un accident de voiture. La veuve cherche de l'aide pour continuer l'entreprise. François est embauché et reste dix ans au Veillon. « Nous étions à l'époque six ostréiculteurs sur le site », se souvient-il.

En 1999, il se lance dans l'achat-revente sur plusieurs marchés, dont celui de La Chaume. Un an plus tard, il reprend une exploitation à l'abandon à La Guittière. Il crée ensuite des parcs ostréicoles sur l'île de Ré, puis à Morlaix, en Bretagne, et vend ses huîtres sur les marchés des Sables-d'Olonne.

Deux repreneurs

Quand la retraite approche, François Caillaud et son épouse décident de vendre. Ils rencontrent Maxime Huguet et Lauriane Deveaux, qui veulent reprendre l'affaire.

Maxime a grandi dans l'univers de l'ostréiculture. Dès la classe de troisième, il entre à la maison familiale rurale de Challans, où il décroche un BEP de culture marine en 2015, puis un bac pro en 2016. Pendant ses études, il fait des stages chez plusieurs ostréiculteurs de La Guittière, dont Daniel Verfaillie, François Caillaud et Jacques Petitgas. Il travaille ensuite quatre ans en ostréiculture et cinq ans dans le mareyage, à la criée des Sables-d'Olonne, ce qui renforce son envie de s'installer.

Sa compagne Lauriane, ancienne aide-soignante en Ehpad, a découvert le métier pendant une saison de travail. « Une révélation ! », dit-elle. Elle suit actuellement une formation pour adultes de 280 heures en culture marine à la MFR de Challans.

Une transition progressive

« François ne nous laisse pas dans le grand bain ! Son expérience est très précieuse. Il est toujours présent pour un conseil », explique Maxime Huguet. Lauriane Deveaux ajoute : « La formation me donne confiance. »

Cet été, François Caillaud a accompagné les repreneurs sur les marchés pour les présenter à la clientèle. Depuis le 1er septembre, les méthodes de travail restent proches de celles d'avant. Une nouveauté a toutefois fait son entrée dans les locaux : une chaîne de tri et de calibrage des huîtres, qui améliore le rendement.

Le naissain, nom des jeunes huîtres, peut venir du captage ou d'écloserie. François Caillaud utilisait du naissain de captage de l'île de Ré, alors que la Maison Huguet privilégie le naissain d'écloserie. Les jeunes huîtres arrivent à La Guittière, sont placées dans des poches en plastique grillagées, puis transportées à Morlaix. Les grandes marées de cette région favorisent une croissance rapide : elles y grandissent pendant 16 mois.

De retour en Vendée, elles sont triées, calibrées et vendues sur les marchés des Sables-d'Olonne.

La Maison Huguet est présente au marché Arago tous les jours sauf le mercredi, et à La Chaume les mardis, jeudis et dimanches. En juillet et en août, les deux marchés sont tenus tous les jours.

François Caillaud commence à profiter de sa retraite. Il envisage de passer du temps avec sa famille, ses enfants et ses petits-enfants, et prévoit des parties de pétanque entre amis. Un projet lui trotte aussi dans la tête : reprendre la soudure, clin d'œil à ses premières études.

Source : Actu.fr (Le Journal des Sables)