Prison d'Angoulême : « une situation en voie de normalisation »
La direction interrégionale des services pénitentiaires (DISP) de Bordeaux a pris la parole jeudi sur la crise de la maison d'arrêt d'Angoulême. Sa directrice adjointe, Vanessa Prempain, évoque « une situation en voie de normalisation ». Selon elle, 25 agents restent en arrêt de travail.
Le mouvement n'avait donné lieu jusque-là à aucune communication officielle. Il est décrit comme inédit en France.
Un détenu, une plainte, six gardes à vue
Les surveillants évoquent du stress, « trop de pression » et un « manque de considération ». En toile de fond, le manque d'effectifs et la surpopulation carcérale. Le déclencheur est connu : le 30 septembre à Limoges, six fonctionnaires ont été placés en garde à vue après une plainte déposée en août par un détenu pour des « faits de violence illégitimes », selon le parquet. Trois de ces agents doivent comparaître devant le tribunal correctionnel au printemps prochain.
La prison compte 325 détenus pour 236 places. Elle aurait retrouvé « un fonctionnement normalisé », grâce aux premiers retours des agents locaux et aux renforts venus de toute la Nouvelle-Aquitaine, d'après la DISP.
Effectifs et comité de pilotage
Face au manque d'effectifs dénoncé par les surveillants, la DISP avance un « taux de couverture » proche de 90 %. L'effectif théorique est de 76 agents. Les syndicats en comptent environ 65, mises à pied et départs compris.
Quatre postes ont été fléchés vers Angoulême, pour une prise de fonction attendue en 2027. L'établissement serait « priorisé », avec l'ambition d'atteindre vite un taux de couverture de 95 %, plus proche de la moyenne régionale. Un comité de pilotage doit se tenir ces prochains jours. Il réunira la direction de la maison d'arrêt, les syndicats, des représentants du personnel, la DISP et le SPIP, entre autres.
Vanessa Prempain rejette l'expression « management toxique » employée contre le chef d'établissement, Gérald Pidoux, arrivé en octobre 2025. « Je ne vois aucun management toxique », répond-elle. « Il porte un regard neuf et cherche à redynamiser la pratique professionnelle. »
La DISP ne commente pas les suites judiciaires de la plainte. Elle défend toutefois la décision du chef d'établissement de saisir immédiatement le parquet sans entendre la version des surveillants : « Il n'avait pas à jouer ce rôle qui aurait pu parasiter le travail d'enquête. » Le directeur a en revanche entendu le détenu. Pour les surveillants qui craignent une plainte à la moindre contrariété d'un détenu, l'administration propose des temps d'écoute et de formation.
Source : Charente Libre