Zarafa, la girafe de La Rochelle, passe à la radio pour ses 200 ans

Zarafa, la première girafe venue en France, s'y trouve depuis 200 ans. Pour marquer la date, le muséum d'histoire naturelle de La Rochelle, qui la conserve, veut regarder à l'intérieur de l'animal afin de faciliter sa restauration.
Un girafon offert au roi
L'histoire commence à Marseille, le 23 octobre 1826. Un girafon capturé au Soudan y entre en quarantaine. Il vient de passer un mois en mer.
C'est un présent du pacha d'Égypte Méhémet-Ali à Charles X, roi de France. Deux autres girafons sont envoyés aux couronnes britannique et autrichienne.
L'écrivain rochelais Olivier Lebleu a tiré de cette aventure un livre et une pièce de théâtre. Il y voit un coup géopolitique : le pacha cherche la sympathie des nations d'Europe, tandis que le roi imagine une opération de communication pour redorer son blason.
Paris saisi par la « girafo-mania »
Aucun Français n'avait jamais croisé de girafe. Selon Olivier Lebleu, l'animal est débarqué de nuit, le 14 novembre 1826, afin d'écarter tout risque de trouble à l'ordre public. Il passe l'hiver dans la cour de la préfecture.
Le 20 mai 1827, il prend la route de Paris par la Bourgogne. Trois vaches nourricières l'escortent.
Des centaines de milliers de curieux se massent le long du chemin, puis jusqu'à la ménagerie du Jardin des Plantes. Zarafa y passera 18 ans, jusqu'à sa mort le 12 janvier 1845.
Olivier Lebleu y reconnaît le premier cas de merchandising animalier. Arts décoratifs, mobilier, vêtements, coiffures : tout s'inspire de la girafe. Pour lui, l'affaire a très bien servi les artisans et les commerçants.
De la gloire à l'escalier du muséum
L'engouement finit par retomber. Le muséum de Paris cède alors la girafe à La Rochelle.
Depuis 1931, elle se dresse dans l'escalier monumental du muséum rochelais, et figure à l'inventaire des Musées de France. On ignore comment elle a pu être amenée jusque-là.
Un élément manque pourtant : le crâne. Séparé de la dépouille naturalisée, il n'a jamais été retrouvé. La directrice, Élise Patole-Édoumba, tient malgré tout à répéter qu'il s'agit bien de l'authentique Zarafa.
Une radiographie hors du commun
La girafe mesure 4 mètres de haut et est exposée dans un escalier. Pour le muséum, la radiographier sort de l'ordinaire.
« Nous devons mieux le connaître et comprendre sa structure interne pour faciliter sa restauration », plaide Élise Patole-Édoumba. Elle veut préserver la première girafe à avoir foulé le sol français.
L'espèce de Zarafa, Giraffa camelopardalis, ne compte plus que 2 000 individus à l'état sauvage.
Notre point de vue
Le muséum ne dit ni quand aura lieu la radio, ni quels moyens elle demandera. Le crâne reste introuvable, et rien n'indique que l'examen changera cela. La suite dépend de ce que montreront les images : la directrice en attend de quoi préparer la restauration.
Source : CharenteLibre.fr