Pêche illégale d'anchois : le capitaine d'un navire espagnol condamné

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Le capitaine du « Beti Aingeru », un senneur de 33 mètres immatriculé en Espagne, à Orio, a été condamné jeudi 29 octobre par le tribunal de Bayonne. Il avait pêché de l'anchois dans les eaux françaises sans autorisation. L'amende s'élève à 30 000 euros et son autorisation de pêche est suspendue pour six mois.

Luis Enrique Espinoza Echegaray, un quinquagénaire d'origine péruvienne, ne s'est pas présenté à l'audience. La présidente, Nadine Regereau, l'a mal pris et a même évoqué un mandat de comparution. « Cette démarche un peu cavalière me prive du droit de lui poser des questions directement », a-t-elle déclaré. L'interprète a pu repartir sans avoir prononcé un mot d'espagnol.

Un contrôle au large d'Anglet

Les faits remontent au 9 avril. Vers 7 heures du matin, les Affaires maritimes ont contrôlé le navire au large d'Anglet. Il lui est reproché d'avoir positionné ses filets dans les eaux françaises. Le capitaine et l'armateur, lui aussi à bord, ont reconnu les faits. Le bateau et sa pêche avaient été saisis, puis le navire a pu quitter le port de Bayonne contre une caution de 10 000 euros. L'équipage avait prélevé jusqu'à 7 tonnes d'anchois, à environ 5 milles nautiques des côtes, soit une dizaine de kilomètres.

L'avocat du prévenu, qui a plaidé la relaxe, a avancé que l'équipage avait « suivi le poisson » sans savoir qu'il se trouvait dans la zone des 6 milles nautiques. Son client a un petit salaire et pas de casier judiciaire.

Pour la Sepanso, association de défense de l'environnement, Me François Ruffié a défendu la thèse inverse : « le poisson a été pris au piège en toute connaissance de cause ». Il a rappelé la taille du bateau, 33 mètres, et la surface de la senne, le grand filet de pêche. Selon lui, même posé en eaux internationales, il aurait fini dans les eaux françaises. « On est face à un pro, avec du matériel particulièrement sophistiqué », a-t-il affirmé.

Amende, suspension et confiscation

L'avocat de la défense avait quitté la salle quand le jugement est tombé. Le tribunal a suivi la procureure Emma Dorangeon sur le montant de l'amende. Elle avait demandé que l'armateur en règle la moitié. Il devra finalement payer 28 000 euros. La suspension d'autorisation de pêche est de six mois, alors que la procureure en proposait douze.

Le produit de la vente effectuée à la criée de Saint-Jean-de-Luz, un dimanche, soit 1 029,23 euros, est aussi confisqué. Enfin, 10 000 euros iront au Comité régional des pêches et 12 000 euros à la Sepanso, au titre des préjudices moral, écologique et matériel.

Source : Sud Ouest

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