Banques alimentaires : en Poitou-Charentes, des stocks au plus bas

La collecte nationale des Banques alimentaires démarre ce vendredi 6 novembre et dure trois jours. Dans la région, les responsables arrivent au rendez-vous avec des entrepôts presque vides et la crainte que les dons fondent avec le pouvoir d'achat.
Trois jours pour remplir les stocks
Du 6 au 8 novembre, des milliers de bénévoles en chasuble orange se postent en bout de caisse dans les supermarchés de France. Les denrées et articles d'hygiène collectés iront ensuite aux personnes les plus démunies.
En Poitou-Charentes, quatre fédérations départementales (Vienne, Deux-Sèvres, Charente et Charente-Maritime) aident près de 62 500 foyers par an. Ce week-end pèse lourd : il représente entre 10 % et 15 % de la récolte annuelle.
Des dons qui changent de forme
Michel Morin, qui dirige la Banque alimentaire des Deux-Sèvres, à Parthenay, parle d'incertitude. Il estime que le prix du carburant pèsera sur la générosité des Français.
Jean-Yves Cerfontaine, président de la fédération de Charente-Maritime, constate déjà un changement : « Maintenant, c'est passé au paquet de pâtes. » Autrefois, certains donnaient des plats cuisinés, comme du cassoulet ou des raviolis. Les gens donnent toujours, mais selon leur situation personnelle.
Des hangars presque vides
À la veille de l'opération, Jean-Yves Cerfontaine décrit des stocks très faibles. La chambre froide, qui garde d'ordinaire viande et plats cuisinés, ne contient presque rien. À cette période de l'année, il devrait y avoir 100 tonnes de plus, dit-il.
Les aléas du climat cette année ont touché les récoltes de fruits et légumes comme les élevages, avec des inondations puis une canicule historique. Des abattages de volailles pour raisons sanitaires s'y ajoutent. La baisse se voit déjà dans le ramassage des invendus en grande surface.
Réduire les quantités distribuées
Les associations espèrent récolter assez de dons. Elles n'écartent pas de servir moins de nourriture aux familles : l'autre issue serait la faillite.
La fédération de Charente-Maritime a failli en arriver là. Elle avait maintenu la quantité donnée à chaque famille malgré la chute de ses financements. Cet été, elle a dû licencier 40 % de son personnel salarié pour motif économique. Son président explique que la seule variable d'ajustement restante serait le poids des colis.
Si la situation ne s'éclaircit pas, il dit s'attendre à annoncer, au 1er janvier, une baisse d'un kilo des livraisons aux bénéficiaires. Michel Morin tient le même raisonnement : « Si on a moins, on distribuera moins. »
Les associations voudraient ouvrir la collecte aux drives, où fait ses courses la population la moins démunie. Les grandes surfaces refusent pour l'instant. Jean-Michel Fabre, vice-président de la Banque alimentaire de Charente, invite à donner ce que l'on peut, même une boîte de conserve.
Source : France 3 Nouvelle-Aquitaine