Cap Ferret : des cendres confiées au Bassin dans une urne

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Fin septembre, une famille a confié les cendres d'un proche au bassin d'Arcachon. L'urne, biodégradable, a été immergée face à la chapelle algérienne du Cap Ferret. Une pratique encore peu courante, mais qui existe dans la région.

Une urne conçue pour se dissoudre

Jean-Marie Beauvais est mort à 80 ans, le 22 août 2026. Il vivait à la maison de retraite Saint-Dominique, à Arcachon, depuis le 4 mars. Ses cendres reposaient dans une urne biodégradable, conçue pour se dissoudre dans la mer.

Chaque année, 900 corps passent par le crématorium de Biganos. 400 familles choisissent de disperser les cendres. Depuis le début de l'année, 43 ont retenu cette urne immergée dans l'eau. Il n'y a ensuite ni tombe ni plaque de marbre où se recueillir.

Une cérémonie sur deux bateaux

La cérémonie a eu lieu un lundi midi de fin septembre. Deux bateaux sont partis du port d'Arcachon vers la chapelle algérienne de L'Herbe, au milieu de la presqu'île du Cap Ferret. Valentin, 41 ans, fils unique du défunt, explique que son père y avait perdu sa médaille de baptême. « C'est un bel endroit pour lui dire au revoir », dit-il.

Bernard, surnommé Bébert, ancien policier et ami de Jean-Marie, a lu la prière du marin, car le défunt en était un. Le père Queyroy, longtemps curé d'Arcachon, était aussi à bord. Il a prononcé quelques mots avant l'immersion. Jean-Marie n'était pas pratiquant. Son fils ne sait pas s'il était croyant.

Depuis une enceinte, on a entendu « La Prière sévillane ». Katherine, l'une de ses deux filleules, serrait l'urne dans ses bras.

Les derniers mois du père

Né en 1946 à Caudéran, Jean-Marie Beauvais s'était cassé le fémur le 31 décembre 2025. Son fils l'avait pris chez lui. Il raconte avoir été à bout. Après une prise en charge au pôle de santé d'Arcachon, le retour à la maison n'était plus possible, et il est entré à Saint-Dominique. Valentin salue l'humanité du personnel.

Les obsèques ont eu lieu le 1er septembre à l'église Saint-Ferdinand d'Arcachon. La soprano Marie-Hélène Cussac a chanté, comme il l'avait demandé. Il a ensuite été incinéré à Biganos.

Des pommes de pin plutôt que des fleurs

Au moment de l'adieu, Valentin a déposé l'urne dans l'eau. Elle a coulé. Chaque proche a jeté une pomme de pin, à la place des fleurs, qui flottent trop tristement sur l’eau. Les pommes de pin ont dérivé avec la marée montante.

Notre regard

Ce témoignage rappelle que le choix d'un lieu de mémoire peut dépasser le cimetière. Les chiffres cités pour Biganos sont modestes : 43 familles sur 400 qui dispersent les cendres. Reste à savoir quelles règles encadrent précisément ces cérémonies.

Source : Sud Ouest

Récit mis en ligne avec l'aide de