Lycéens : Cazenave dénonce l'absence de politique d'orientation

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Les lycéens se mobilisent, et le maire de Bordeaux pointe un trou dans le dispositif : l'orientation. Thomas Cazenave, élu Renaissance, affirme qu'il n'existe pas de politique en la matière.

54 heures prévues, un lycée sur trois les utilise

Pour Thomas Cazenave, un levier existe déjà. Depuis la loi de 2018, un lycée peut réserver 54 heures à l'orientation. Un tiers seulement des établissements le fait, regrette-t-il.

Ces séances serviraient à aller dans des salons, à cerner les centres d'intérêt des élèves et à préparer la suite. Il veut que l'orientation devienne une matière à part entière. Et il balaie l'objection de faisabilité : « Il y a des politiques publiques plus compliquées à mener que d'installer ces 54 heures dans les emplois du temps. »

Stages de 3e et entreprises

Le maire cite une autre inégalité, plus précoce : les stages d'observation en 3e. Une partie des élèves n'y accède pas, et ceux-là comprennent, selon lui, qu'ils n'ont pas leur place dans la République. Il compte demander aux entreprises installées à Bordeaux de l'aider à tenir cette promesse. Le rapport recommande aussi d'ouvrir davantage les lycées aux entreprises, afin qu'elles y présentent leurs activités.

Un système partagé entre trop d'acteurs

Le rapport décrit une politique d'orientation morcelée : l'État, les régions et des offres privées. Un domaine que tout le monde touche, résume l'élu, finit par n'avoir de responsable pour personne.

Il en tire un effet social. L'orientation est difficile, donc sélective, et les élèves des lycées les plus défavorisés y sont plus isolés. Ce gâchis se prolongerait à l'université, avec des échecs en première année.

La mission de 2023

Thomas Cazenave était alors député. Il a mené une mission d'évaluation sur l'accès à l'enseignement supérieur avec Hendrik Davi, ex-LFI, membre du groupe Écologistes à l'Assemblée. Les deux parlementaires ont auditionné près de 70 personnes pendant six mois. Pour le maire, Parcoursup est « l'arbre qui cache la forêt ».

Il juge aussi que les élèves sont trop peu préparés et que les enseignants doivent être formés à l'orientation, ce qui n'est pas fait. Le 20 juin 2023, jour de la présentation du rapport, Hendrik Davi décrivait une méconnaissance mutuelle entre enseignants du secondaire et du supérieur. L'accompagnement des lycéens et des étudiants en souffrait.

Notre regard

Le maire dénonce moins une absence de règle qu'un écart d'application : les heures existent depuis 2018. Reste à savoir si le mouvement lycéen reprendra ces pistes de 2023 parmi ses demandes. À Bordeaux, la réponse des entreprises sollicitées pour les stages de 3e dira si l'appel est entendu.

Source : SudOuest.fr

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