Mort de Juan Atkins, pionnier de la techno de Detroit

| Culture et loisirs

Le DJ et producteur américain Juan Atkins est mort samedi 31 octobre à Mexico. Au début des années 1980, à Detroit, il avait posé les bases de la techno.

Trouvé inconscient dans une chambre d'hôtel

Né le 12 septembre 1962, Juan Atkins devait jouer le soir même dans un club de Mexico. Il a été trouvé inconscient dans une chambre d'hôtel, puis déclaré mort peu après. Son agence, Greensmith Artists, et plusieurs de ses proches ont annoncé la nouvelle, notamment sur les réseaux sociaux. La cause du décès n'est pas connue.

Fidèle à sa ville, sans la grosse tête

Selon le DJ bordelais Cristof Salzac, Atkins est toujours resté fidèle à Detroit. Il y a continué à jouer et à produire malgré les fermetures d'usines, les bâtiments vidés et la hausse de la criminalité, comme une façon de résister à la crise.

Le DJ bordelais, qui avait partagé l'affiche avec lui, n'en garde pas un souvenir inoubliable en tant que DJ : il passait de la bonne musique, mais la mixait mal. Il a en revanche été impressionné par ses lives, avec synthés et boîtes à rythmes. Pour lui, Atkins était avant tout un producteur. Il le décrit comme un artiste profondément humain, qui n'avait pas la grosse tête malgré une des plus grosses révolutions de l'histoire de la musique : « Il était d'une gentillesse et d'une politesse incroyables. »

Entre funk et machines

Detroit est surnommée Motown, contraction de « Motor town », parce qu'elle a longtemps accueilli les usines de General Motors, Ford et Chrysler. Le rythme répétitif des machines a façonné l'oreille d'Atkins. La ville était aussi le siège du label soul Tamla Motown, celui de Diana Ross, des Jackson Five et de Marvin Gaye.

Inspiré par Kraftwerk, il a fusionné ces deux univers dès 1981 avec Cybotron, puis avec Model 500. Il a aussi fait partie des Belleville Three, un trio de DJ et producteurs avec Kevin Saunderson et Derrick May. On résume souvent son style ainsi : le groove du funk d'un côté, le métal des sons électroniques de l'autre.

Une vague qui a gagné l'Europe

Il a précédé les figures historiques du genre, dont Laurent Garnier et Daft Punk. Dans son sillage est venue une deuxième vague de Detroit, avec le collectif Underground Resistance, Carl Craig, Jeff Mills et Robert Hood. Le succès a suivi en Angleterre, à l'Haçienda de Manchester où Laurent Garnier a fait ses débuts, puis en Allemagne, en Belgique et en France. Quatre décennies plus tard, cette musique fait danser des millions de personnes.

Un mot né d'un titre

« C'est Juan Atkins qui a posé les bases de la techno », rappelle le DJ bordelais Cristof Salzac, très marqué par sa disparition. Selon lui, le nom même du genre vient de « Techno city », un morceau enregistré dès 1984 avec son premier groupe, Cybotron.

Notre regard

Une grande part de ce portrait repose sur le souvenir d'un seul DJ bordelais, Cristof Salzac. Les circonstances exactes de la mort restent inconnues. On ignore si ses proches, son agence ou les autorités apporteront des précisions.

Source : SudOuest.fr

Proposé avec l'aide de