Prisons : 90 937 détenus au 1er octobre, un record en France

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Jamais les prisons françaises n'ont hébergé autant de monde. Le ministère de la Justice recense 90 937 détenus au 1er octobre, alors que le nombre de places progresse à peine.

La France en queue de peloton européen

Dans les chiffres 2025 du Conseil de l'Europe, la France affiche la pire densité carcérale du continent, à égalité avec la Turquie : 131 détenus pour 100 places. Début 2026, la même institution avait déjà dénoncé l'état des prisons françaises. Son rapport évoquait le risque d'une dérive vers un « entrepôt humain » et pointait la surpopulation, l'insalubrité et les violences.

Des places promises, peu livrées

Un plan national lancé en 2018 prévoyait 15 000 places supplémentaires. D'après le dernier bilan de l'administration pénitentiaire, communiqué à la mi-octobre, un peu plus de 8 000 ont été livrées.

Pour combler une partie du retard, le ministère entend ouvrir 3 000 places dans des prisons modulaires, des structures réputées moins chères. La moitié est en cours de construction. Le premier établissement doit ouvrir d'ici la fin de l'automne, à Troyes, selon l'administration pénitentiaire.

Matelas au sol et maisons d'arrêt

En un an, la population carcérale a augmenté de 7,2 % : on comptait 84 862 détenus au 1er octobre 2025. Les places opérationnelles, elles, n'ont gagné que 1,5 % et s'établissent à 63 452.

Faute de lits, 8 959 matelas étaient posés au sol, soit 52 % de plus qu'à la même date l'an dernier.

La densité carcérale atteignait 178 % dans les maisons d'arrêt au 1er octobre. Elles accueillent des personnes condamnées à de courtes peines et des prévenus en attente de jugement, donc présumés innocents. Sur l'ensemble des établissements, le taux de suroccupation atteint 143,3 %.

Les autorités de contrôle alertent

La contrôleuse générale des lieux de privation de liberté, Dominique Simonnot, parlait de « catastrophe pénitentiaire » dans son ultime rapport, au printemps. Elle décrivait une surpopulation endémique, aggravée par la vétusté de nombreuses infrastructures et le sous-effectif chronique des surveillants. Dans un avis publié au Journal officiel début juillet, elle déplorait aussi l'absence de mesure d'envergure nationale contre ce phénomène.

Son mandat a pris fin le 13 octobre. L'ancien patron de Vinci Autoroutes, Pierre Coppey, doit lui succéder. Les commissions des lois du Sénat et de l'Assemblée nationale l'auditionnent mercredi et doivent valider sa nomination.

Notre regard

Les prisons modulaires répondent à l'urgence, mais 3 000 places restent loin de l'écart entre détenus et capacités. Le chantier de Troyes dira si les délais annoncés tiennent, alors que seules 8 000 places sur 15 000 sont sorties de terre depuis 2018. L'audition de Pierre Coppey, mercredi, montrera s'il aborde la surpopulation.

Source : SudOuest.fr

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