RN 10 : un porte-voitures en feu, casse-tête pour les pompiers

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La circulation est restée difficile toute la journée de jeudi sur la RN 10, dans le secteur de Malaville, vers la côte de Pétignac. Les équipes de la DIRA ont travaillé toute la nuit et la journée pour effacer les traces de l'incendie d'un porte-voitures portugais et des neuf véhicules qu'il transportait.

Dans le sens Paris-Bordeaux, les automobilistes ont affronté des kilomètres de bouchon. Des centaines de poids lourds ont été stockés sur la chaussée.

Six voitures électriques sous une ligne à haute tension

Le commandant Guillian Kerharo, chef du centre d'Angoulême, dirigeait la colonne de pompiers. À son arrivée, le porte-véhicules brûlait sur la bande d'arrêt d'urgence, juste sous une ligne à haute tension. Parmi les neuf voitures, une était hybride et six électriques.

« Des feux de voitures électriques, on en a fait, mais une telle quantité, sur une voie aussi fréquentée, avec un flux de poids lourds conséquent, c'est plutôt inédit », reconnaît-il. Il souligne la présence de batteries lithium-ion : « Pour l'heure, les moyens d'extinction n'existent pas et l'eau n'a qu'une efficacité limitée. »

La combustion des batteries ne s'arrête que lorsqu'elles sont entièrement brûlées ou plongées dans l'eau. Elles génèrent leur propre oxygène et entretiennent l'incendie.

Trois lances, un robot et un bac de noyade

Les pompiers ont mis en action trois lances de 500 litres d'eau par minute chacune. Ils ont aussi déployé un robot pour diminuer le risque encouru par les hommes. Le feu menaçait de gagner le mur antibruit le long de la voie. La ligne haute tension subissait le rayonnement de l'incendie, et elle pouvait tomber sur les pompiers et les dépanneurs qui travaillaient en dessous, avec de l'eau.

Le dépanneur a évacué les épaves une fois refroidies. Pour venir à bout d'une voiture difficile à éteindre, il a dû recourir à un conteneur rempli d'eau, un bac de noyade.

Vers 4 heures du matin, la circulation a été basculée sur la chaussée Bordeaux-Paris. Les véhicules ont alors pu être évacués et les fumées se sont dissipées.

Le commandant Kerharo reste prudent : « On a aujourd'hui affaire à des véhicules récents. Quand le parc aura vieilli, on se posera la question de l'augmentation et de la fréquence des sinistres. » Les constructeurs travaillent sur la recherche-développement. « Nos doctrines ont été adaptées, avec des distances de sécurité, des techniques d'extinction », ajoute-t-il.

Source : Charente Libre