SNCF : les syndicats réclament un rattrapage des salaires

Les syndicats de la SNCF veulent faire rouvrir le dossier des salaires 2026. Ils se rassemblent mardi devant le siège de l'entreprise, à Saint-Denis, pendant une réunion avec la direction sur un rattrapage de l'inflation, ont indiqué des sources concordantes à l'AFP.
Un « point d'étape » côté direction
La direction confirme la réunion de mardi, qu'elle présente comme un « point d'étape ». Elle souligne que les réunions sur les salaires 2027 auront lieu en janvier.
Pour Fabrice Charrière, secrétaire général d'Unsa Ferroviaire, deuxième syndicat de la SNCF, la demande part d'un constat : l'inflation est selon lui largement supérieure à ce qui était anticipé en début d'année.
Un accord appliqué sans être entré en vigueur
Les négociations annuelles obligatoires (NAO) fixent chaque année les salaires. Pour 2026, seuls l'Unsa Ferroviaire et la CFDT ont signé l'accord. La CGT et Sud ont refusé. Ces deux signataires représentent moins de la moitié des salariés, si bien que le texte n'a pas pu entrer formellement en vigueur. La direction l'a malgré tout appliqué de manière unilatérale.
Il comportait notamment une clause de revoyure, une disposition qui permet de rediscuter si l'inflation s'écarte nettement des prévisions.
L'écart de prix mis en avant par l'Unsa
Fabrice Charrière rappelle que l'accord tablait sur une inflation de 1,3 %, estimée lors des négociations, et prévoyait 0,5 % de hausse générale par an, versée en deux fois. Dans son communiqué, l'Unsa relève que l'Insee constate 3,4 % sur les douze derniers mois en octobre et que la Banque de France prévoit 2,3 % sur l'année.
Le syndicat demande donc une hausse générale de 2,6 %, avec effet rétroactif au 1er juillet.
Jeudi, une grève nationale
Deux jours plus tard, jeudi, les confédérations appellent à une grève dans tout le pays pour les salaires et l'emploi. Les quatre principaux syndicats de la SNCF, CGT, Unsa Ferroviaire, Sud rail et CFDT, s'y joignent. Pour cette journée, ils réclament l'ouverture de « réelles négociations salariales ». Ils parlent aussi des conditions de vie et de travail, et du maintien de l'unité sociale du groupe.
Notre regard
La clause de revoyure prévoit de rediscuter si l'inflation s'écarte des prévisions, mais la direction présente la réunion comme un point d'étape et ne cite que les réunions de janvier sur les salaires 2027. L'issue de la réunion de mardi dira si un rattrapage est ouvert pour 2026 ou si le débat est repoussé. La grève de jeudi montrera ensuite si les quatre syndicats gardent un front commun sur les salaires.
Source : SudOuest.fr