Bergerac : après l'incendie, la façade Renaissance a tenu

Dans la nuit du mercredi 28 au jeudi 29 octobre, un incendie a touché dix immeubles d'un îlot du cœur de Bergerac, en Dordogne. Samedi 31 octobre, le maire a fait le point sur les travaux de sécurisation, le relogement et l'enquête.
Un périmètre qui reste fermé
La zone interdite autour des bâtiments brûlés doit rester en place au moins jusqu'au début de la première semaine de novembre. Vendredi 30 octobre, des points chauds fumaient encore dans les décombres, que les pompiers arrosaient de temps à autre. L'incendie est désormais considéré comme fixé.
Une dizaine de sapeurs-pompiers se relaient sur place pendant le week-end. La surveillance doit durer jusqu'au mercredi 4 novembre.
Une cheminée à abattre, une façade à étayer
Entre l'immeuble du Saint-James, détruit, et le numéro 20 de la rue des Fontaines, une cheminée est restée debout. Elle a beaucoup bougé dans la nuit de vendredi à samedi. Si elle n'est pas tombée d'ici là, elle sera démolie lundi 2 novembre. « Elle est trop dangereuse », affirme le maire, Fabien Ruet.
Une façade Renaissance aux fenêtres à meneaux du XVe siècle pose une autre question. Elle aurait très légèrement bougé, mais ne représenterait pas un danger assez important pour être abattue. Selon le maire, les poutrelles métalliques ont fondu, mais la façade « a miraculeusement tenu ».
Il faudra trouver un moyen de l'étayer à partir de lundi. L'opération s'annonce délicate : derrière la façade, les poutres fondues ou calcinées forment un amas qu'il faut d'abord dégager pour pouvoir soutenir le bâtiment historique. Un relevé photographique détaillé a été fait par drone, pour le cas où il faudrait la remonter.
Gaz, relogement, réunion lundi
Samedi à midi, la quasi-totalité des abonnés au gaz avaient été réalimentés. Cela concerne notamment les commerces et les restaurants autour de la place du marché couvert. Une nouvelle réunion entre la mairie et les services engagés est prévue lundi 2 novembre, à 10 heures. Il reste à reloger les 11 personnes dont l'appartement a été détruit.
La rumeur sur l'eau et l'enquête
Une rumeur affirmait que les pompiers n'avaient pas eu d'eau pendant de longues minutes après leur arrivée. Le maire la dément : « Il n'y a eu aucun problème d'accès à l'eau. » Il explique que la priorité était d'évacuer les personnes et de reconnaître les lieux. Les pompiers ont attaqué le feu une fois le danger écarté pour les riverains et pour eux-mêmes.
Une enquête, ouverte par la procureure de la République, est confiée au commissariat de Bergerac. Les enquêteurs ont entendu des occupants de l'immeuble où le feu a démarré. Pour l'instant, aucune hypothèse n'est retenue ni écartée. Seul élément connu : le feu se serait déclaré en haut du bâtiment, sous le toit.
La tâche de la police scientifique s'annonce difficile : de l'immeuble du Saint-James, il ne reste qu'un tas de décombres.
Notre regard
Le sort de la façade Renaissance pourrait dépendre de la faisabilité de l'étaiement, une fois les poutres calcinées dégagées. Les relevés par drone laissent penser qu'une reconstruction n'est pas exclue. Il reste à suivre la réunion de lundi et les solutions de relogement pour les 11 personnes concernées.
Source : Sud Ouest